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LEV

  • L'Insousciance

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    Je voudrais faire un livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n' auraient jamais consenti à aller, une porte tout simplement abouchée à la réalité.

    L'Ombilic des limbes (1925)

    Antonin Artaud

    *

    *         *

    L’Insouciance de Karine Tuil est un livre qui, effectivement, dérange. C’est un livre de notre temps. Un livre que l’on dévore mais qui ne vous détendra pas.

    Ce n’est pas un « livre de plage » !

    C’est un livre de voyages : l’Afghanistan, Chypre, l’Irak, etc.

    C’est un livre d’amours, d’amours compliquées.

    C’est un livre de morts.

    C’est, peut-être, un roman à clés ?

    Un Lieutenant, une journaliste de terrain, un grand patron dans les télécoms, un fils d’immigrés ivoiriens qui aura son bureau à l’Ẻlysée, etc.

    Leurs vies se mélangent.

    Je l'ai "dévoré" !

    Lisez le !

     

  • LES CHIFFRES ? MÊME PAS PEUR !

    StellaB.jpgJ'ai lu ce petit livre d'un seul trait ! Il ne s'adresse pas principalement à des gens comme moi qui s'intéressent aux mathématiques. Il s'adresse aux parents, aux professeurs des écoles, aux professeurs des collèges et des lycées. Il interpelle les personnes et/ou les commissions chargées de l'élaboration des programmes scolaires. Il met en cause les auteurs des manuels scolaires qui, comme elle, sont des professeurs de mathématiques. Il s'adresse aussi et surtout à tous les citoyens concernés par l'avenir.

    Point n'est besoin de se penser "littéraire" ou "scientifique" [1] pour ouvrir l'ouvrage : le plus "dur" abordé est la table de multiplication !

    Stella Baruk constate un paradoxe :

    • L'école mathématique française "académique" est une des meilleure du monde en termes de médailles Fields, sans doute la meilleure rapportée à sa population. Petit bémol, il y a quelques personnes issues de l'immigration parmi les lauréats [2], comme quoi l'immigration a du bon, contrairement à une idéologie, hélas, montante dans notre pays.
    • L'école mathématique française "de base" est à l'inverse dans un état alarmant. Au plan international, PISA 2012 [3]  estime que presqu'un quart des élèves de 15 ans en France ont un niveau très bas en mathématiques, et que cette proportion a augmenté depuis 2003. L'OCDE pour sa part classe la France au 18° rang sur 34 pays.

    Si l'illettrisme concerne 7% de la population en France (environ 2,5 millions de personnes), l'innumérisme [4] concernerait une personne sur deux et constitue un véritable handicap social et professionnel.

    Stella Baruk donne de nombreux exemples dans le livre et propose une méthode pour redresser positivement cette situation. Pour en savoir un peu plus, cliquez sur : + Lire la suite

     

    [1] N.B. : Pour ma part, je considère ces notions totalement dénuées de sens !

    [2] Alexandre Grothendieck, Wendelin Werner, Arthur Ávila, Baó Chân Ngô, ….

    [3] PISA : Program for International Student Assesement, évaluations des acquis des élèves en fin d'obligations scolaires (environ 15 ans).

    [4] Néologisme issu de l'anglais innumeracy : déficit dans l'accès aux chiffres et donc aux nombres

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  • Nineteen Eighty-Four

    En juin dernier, j'ai publié sur ce blog une note intitulée "The Circle" dont je recommandais vivement la lecture en anglais ou en version traduite.

    J'y citais "Brave New World" (lu deux fois) et "1984" dont le titre en anglais est bien sûr "Nineteen Eighty Four".

    En fait, j'avoue qu'à ce moment je n'avais pas encore lu le livre de Georges Orwell !

    Dans les années 50/60, il n'était pas dans la bibliothèque de mes parents. Je suis persuadé qu'à l'époque, le début de la guerre froide et, aux USA l'essor du Maccarthysme, ont fait que le roman a été largement récupéré par la droite américaine anticommuniste.

    Ma famille, sans être pro-communiste dans ces décennies, était cependant très à gauche et ceci explique l'absence de l'ouvrage.

    Plus tard, chez nous, les USA n'avaient pas bonne presse : guerre au Vietnam, soutien aux dictateurs sud-américains, et, quasiment aide à la mise en place du régime Pinochet au Chili. Donc les livres a priori appréciés outre-Atlantique pour leur anticommunisme m'avaient dissuadé.

    Mais, s'agissant de l'Union Soviétique, je n'ai jamais eu l'admiration qu'a eue le PCF pour le PCUS (comme les collectes de cadeaux lors des anniversaires de Staline). Je me suis réjoui lors du XXII° congrès du PCF en février 1976 qui, abandonnant le concept de Dictature du Prolétariat, a également marqué ses distances par rapport au "modèle" soviétique.

    Et, naturellement, lorsque plus tard Georges Marchais a évoqué le "Bilan globalement positif", je me suis retrouvé avec Jean Ferrat :

    Je viens de corriger cette lacune en "dévorant" le livre !

    Selon mon habitude, je n'ai lu l'introduction (par un tiers) qu'après avoir terminé le récit. C'est une pratique que je recommande car, ou bien l'introduction est longue est fastidieuse et l'on peut abandonner le tout, ou bien l'introduction en dévoile trop et les effets de surprise du texte sont perdus.

    Bref, l'introduction de l'édition anglaise, signée de Thomas Pynchon, est remarquable et nuance considérablement l'a priori droitier que j'ai évoqué plus avant.

    En fait, Orwell était un "rebelle", à gauche de la gauche, à gauche du "Labour Party", il était allé combattre en Espagne en 1937 dans les rangs du POUM (Partido Obrero de Unificación Marxista) profondément antisoviétique.[1]

    À l'époque, Orwell ne pouvait imaginer à quel point les TIC allaient pouvoir renforcer le contrôle des pouvoirs sur la société. Il n'a pas non plus prévu les nouvelles guerres de religions.

    Cela dit, des convergences fortes existent entre Nineteen Eighty-Four, The Circle et l'état désespérant de notre civilisation post démocratique. J'en donne quelques exemples dans la suite.

    [1] Voir le film de Ken Loach "Land and Freedom"

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